Tous les rêves du monde

Soirée portugaise

Pamela est une jeune portugaise de la deuxième génération née ici, en France. Empêtrée dans ses contradictions, ses échecs et l’amour absolu pour sa famille, elle se sent perdue et paraît incapable d’imaginer comment elle pourrait vivre sa vie… Surtout qu’elle n’aime que jouer du piano et patiner sur la glace. Elle va pourtant trouver son propre chemin entre France et Portugal.

19H30 Repas portugais préparé par l'AOP, association des originaires du Portugal, 7€ l'assiette. Concert de musique portugaise dans le hall du théâtré interprété par deux musiciens du conservatoire : Jean-Pierre Aigeldinger  (accordéon), Geraldo Barbosa (trompette)

20H30 Tous les rêves du monde

Film de Laurence Ferreira Barbosa

Avec Pamela Constantino-Ramos, Rosa Da Costa

France, 1h48

Tarif film : 4 €

Réservation indispensable : 01 41 80 69 57 / ctronquoy@theatrechevillylarue.fr

Evénément organisé dans le cadre de L'Oeil vers... le Portugal

mardi 5 décembre - 19h30

Un regard fin et sensible sur le rapport qu’une ado entretient avec le Portugal, pays d’origine de ses parents.

La réussite du film tient à ce qu’il ne caricature pas ses personnages et ne les enferme pas dans une posture. Oui, il décrit l’attachement de Portugais à leur pays (sur un versant souvent folklorique, culturel, alimentaire), mais aussi leur satisfaction de ne pas y vivre... Il décrit, en tout cas pour le spectateur français, un déchirement pacifié qui permet de regarder les choses avec distance, objectivité, sans polémique. Même si un jeune homme exprime à un moment son rejet de ses origines, contre les Portugais de France à qui il reproche d’être des “travailleurs soumis”. Mais si le film ne répond pas vraiment à sa question, il ne l’évite pas.

Quand Paméla explique qu’elle va aller à Lisbonne, ses parents s’en étonnent : quelle idée ! Eux-mêmes n’y sont jamais allés et ne voient pas quel intérêt ce voyage peut avoir. Les immigrés portugais étaient en majorité des gens des campagnes. Ce que décrit à merveille Tous les rêves du monde – avec tendresse, sans méchanceté mais avec parfois cruauté, avec réalisme sans doute –, ce sont des parents qui ont su s’adapter à la France pour survivre, sans jamais vraiment s’y intégrer (ils gardent leurs traditions, leur langue, leur idéologie assez conservatrice) et des enfants qui aujourd’hui aimeraient avoir un autre rapport que familial, économique ou nostalgique, à un pays qu’ils souhaitent connaître un peu mieux que leurs parents et envisager autrement (plus ouvert), politiquement et culturellement. Paméla incarne cette jeunesse avec fantaisie, tristesse et espoir d’un monde meilleur.

Tous les rêves du monde n’est pas un film qui cherche à impressionner, mais à montrer. C’est un film populaire, malicieux, fin, qui met ses personnages au cœur du film et se penche sur eux avec un regard à la fois curieux, analytique, précis et compréhensif. Intelligent, sensible et inspiré.

Jean-Baptiste Morain, Les Inrockuptibles