Mektoub my love : Canto Uno

Sète, 1994. Amin, apprenti scénariste installé à Paris, retourne un été dans sa ville natale, pour retrouver famille et amis d’enfance. Accompagné de son cousin Tony et de sa meilleure amie Ophélie, Amin passe son temps entre le restaurant de spécialités tunisiennes tenu par ses parents, les bars de quartier, et la plage fréquentée par les filles en vacances. Mais quand vient le temps d’aimer, seul le destin - le mektoub - peut décider.

Drame d’Abtellatif Kechiche

Avec Shaïn Boumedine, Ophélie Bau

Drame, 2h55

vendredi 20 avril - 17h45

samedi 21 avril - 20h30

lundi 23 avril - 19h

mardi 24 avril - 20h30

Cinéma. Le désir au défi de la lumière

Comme chez Jean Renoir ou Jacques Rozier, une jeunesse populaire, donc composite, va exister d’elle-même, a mille lieues des outils sociologiques. Filles et garçons, quelques adultes affiliés, feront un temps rivage commun. On plongera parmi eux pleine peau. Sur la plage, dans les bars, les boîtes, le restaurant de cuisine tunisienne où s’affairent les mères d’Amin et de Tony, on drague, on flirte, on commente sans fin, on rit, on danse en transe. Les coups de cœur n’ignorent pas la mélancolie. On lève les verres au-dessus de la fumée où s’évaporent les brouillards de larmes. En reprise d’Adèle qui se régalait de livres et de bolognaises, on mange les meilleures pâtes du monde dans du carton en se léchant les doigts. Le sentiment amoureux se hasarde en récits qui parfois s’envasent sous leur écume, étoiles de mer aux insaisissables trajectoires. Seules comptent la vérité des êtres et les forces créatrices les mieux aptes à en restituer la perception. Amin, modeste et obstiné, se tient à leur affût.

Dominique Widemann, L'Humanité