L'Atelier

La Ciotat, été 2016. Antoine a accepté de suivre un atelier d'écriture où quelques jeunes en insertion doivent écrire un roman noir avec l'aide d'Olivia, une romancière connue. Le travail d'écriture va faire resurgir le passé ouvrier de la ville, son chantier naval fermé depuis 25 ans, toute une nostalgie qui n'intéresse pas Antoine.

Drame de Laurent Cantet

Avec Marina Foïs, Matthieu Lucci

France, 1h53

samedi 11 novembre - 18h30

mardi 14 novembre - 20h30

Mais c’est bien sur Antoine que le réalisateur resserre son objectif, comme Olivia, l’intellectuelle, braque son regard sur lui : leur duo, leur duel, devient l’enjeu de L’Atelier.

A la fois inquiète et fascinée par le jeune homme qui aime les armes et adhère aux discours nationalistes, elle tente même de s’en inspirer pour un prochain livre. Mais de quel droit peut-elle parler à sa place, se demande-t-il ? Que peut-elle comprendre, cette femme qui emploie des mots « prétentieux » ? Plus elle essaie de l’amadouer, plus Antoine se referme. Et L’Atelier tourne, ainsi, au film noir : la mise en scène réaliste devient baroque. Sous la lune, la mer et les rochers prennent une superbe dimension poétique. Jusqu’à ce discours final d’Antoine, bouleversant, sur l’acte gratuit, qui évoque fortement L’Etrangerde Camus. C’est ce que ce grand film politique réussit à saisir : les motivations troubles d’une jeunesse qui a « le soleil dans les yeux » et qui, par ennui, par dégoût, pourrait tuer… Une jeunesse qu’il va falloir écouter, sans la juger, à la manière de Laurent Cantet.

Guillemette Odicino, Télérama