Le jeune Ahmed

En Belgique, aujourd’hui, le destin du Jeune Ahmed, 13 ans, pris entre les idéaux de pureté de son imam et les appels de la vie.

Film présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2019

Drame de Luc et Jean-Pierre Dardenne

Avec Idir Ben Addi, Olivier Bonnaud

Belgique, 1h24

jeudi 20 juin - 18h30

lundi 24 juin - 20h30

Les deux réalisateurs se font à nouveau spectateurs de la nuit de l’âme dans « le Jeune Ahmed ».
 Les frères Dardenne ne jugent pas, dans « le Jeune Ahmed ». Ils montrent, et suscitent simplement des émotions. Ici, elles sont puissantes : alternativement, le spectateur est horrifié par le discours d’Ahmed, agacé par sa fermeture d’esprit, soulevé par la colère devant cette lèpre de l’esprit. C’est la méthode Dardenne : ils injectent de l’intensité dramatique en filmant le quotidien des personnages, traversés par une vérité personnelle. La jeune femme de « Rosetta », chômeuse révoltée ; le petit trafiquant de « l’Enfant », qui vend son bébé ; le garçon abandonné du « Gamin au vélo » ; l’employée dépressive de « Deux Jours, une nuit » ; la femme médecin rongée par la culpabilité de « la Fille inconnue », tous ces personnages sont cousins. Ils proviennent du même fonds de misère morale, d’absence d’amour, font face à un monde qui les torture et cherchent une possible rédemption. Ils sont, simplement, humains. Les Dardenne, eux, sont les spectateurs de la nuit de l’âme. Nuit dont le jeune Ahmed sortira peut-être, au terme d’un film bref, d’une force rare. Ahmed est un être dégueulasse, mais peut-être changera-t-il ? Et qui le changera ? Le diable, probablement.

En lice pour une troisième Palme d’or, après Rosetta (1999), et L’Enfant (2005), Jean-Pierre et Luc Dardenne reviennent avec Le jeune Ahmed, un film sur un adolescent fanatique. Ils suivent au plus près les motivations, les mensonges et les dissimulations de ce néo-converti qui veut éliminer « les impurs ».

François Forestier, Le Nouvel Observateur