Amanda

Paris, de nos jours. David, 24 ans, vit au présent. Il jongle entre différents petits boulots et recule, pour un temps encore, l’heure des choix plus engageants. Le cours tranquille des choses vole en éclats quand sa sœur aînée meurt brutalement. Il se retrouve alors en charge de sa nièce de 7 ans, Amanda.

Drame de Mikhaël Hers

Avec Vincent Lacoste, Isaure Multrier

France, 1h47

mercredi 19 décembre - 17h

vendredi 21 décembre - 20h45

samedi 22 décembre - 18h30

Comment annoncer à une petite fille qu’elle ne verra plus jamais sa mère ? Comment filmer la violence d’un attentat à juste distance et sans détours ? Mikhaël Hers y parvient en trouvant le bon équilibre entre frontalité et délicatesse. La douceur de sa lumière (signée Sébastien Buchmann), souvent captée entre chien et loup, a des reflets mélancoliques reconnaissables entre mille. Sa caméra sillonne un Paris non touristique et met en valeur son immense beauté. Car Hers filme les villes avec une rare finesse. Comme dans Ce sentiment de l’été, dont l’action naviguait entre Paris, Berlin et New York, sa mise en scène raconte la solitude des êtres, mais aussi la possibilité d’un réconfort. Il filme, dans Amanda, la lente réadaptation des êtres à un espace meurtri, le décalage entre les habitants touchés par la tragédie et l’insouciance des touristes ; les lieux publics devenus interdits d’accès et la ville désertée, le lendemain du crime. Son cinéma restitue avec justesse cet état de fait, ces instants de sidération, de vie suspendue.

Jérémie Couston, Télérama