120 battements par minute

Début des années 90. Alors que le sida tue depuis près de dix ans, les militants d'Act Up-Paris multiplient les actions pour lutter contre l'indifférence générale. 

Nouveau venu dans le groupe, Nathan va être bouleversé par la radicalité de Sean.

Grand Prix Festival de Cannes 2017

Drame de Robin Campillo

Avec Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois

France, 2h20

mercredi 20 septembre - 17h

lundi 25 septembre - 18h30

mardi 26 septembre - 20h30

Le film impressionne par la fluidité de sa montée en puissance, la sophistication discrète de sa structure. La reconstitution des années Act Up (actions spectaculaires comprises), qui semble déjà un film en soi, laisse peu à peu éclore l’histoire intimiste — l’amour tragique entre Sean et Nathan. La fresque documentée, sans passer au second plan, y gagne une extrême intensité romanesque, proche d’Angels in America, la pièce (et série) américaine de référence sur le sida. Robin Campillo sait ralentir le rythme, éterniser les premières étreintes et les récits biographiques des personnages, tout en gardant le fil de l’engagement collectif. Il sait aussi insérer dans sa mise en scène réaliste des images mentales (la Seine devenue rouge sang) et des télescopages historiques : au stade terminal, à l’agonie, un étudiant se souvient d’un texte sur la Commune tandis qu’à l’image le groupe d’activistes manifeste dans Paris. Comme une lignée séculaire de l’insurrection. Un mémorial en miroir.

Louis Guichard, Télérama